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Tinariwen à la Cigale : la rébellion musicale

Rédigé par le Mardi 24 avril 2012
Catégorie(s) : Artistes





S’il y a bien une chose que j’ai apprise au fil de ses différentes éditions, c’est que Solidays n’est pas qu’un festival musical. C’est aussi et surtout une cause, un appel à la mobilisation, un sens à donner à la musique. Cette dernière n’étant finalement qu’un signal fédérateur pour toutes les personnes sensibles à la cause.

Si l’on devait alors retrouver l’esprit de Solidays chez l’un des groupes représentés lors de cette édition, il s’agirait sans nul doute Tinariwen.

TinariwenOriginaire du Mali et fondé en 1982 par Ibrahim ag Alhabib, Alhassan ag Touhami et feu Intayaden, à l’occasion d’un festival à Alger, Tinariwen (en touareg : « Les déserts ») démarre tout d’abord à l’acoustique avant de s’agrandir et de former plus qu’un groupe, une grande famille d’artistes Touareg. Leur musique s’est aujourd’hui éloignée de l’acoustique pour se rapprocher de « l’assouf », oscillant entre rock, blues et musique traditionnelle touareg.

C’est dans ce contexte que je me suis rendu le 3 avril dernier lors de leur représentation à La Cigale dans une salle pleine à craquer au beau milieu d’une foule aussi diversifiée que survoltée. C’est un public presque en transe que j’ai trouvé plongé pendant plusieurs heures dans les sonorités envoûtantes des ambassadeurs de la culture touareg, chantant à la fois l’amour du désert que prônant la paix et s’élevant contre les souffrances faites à leur peuple.

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Militantisme d’autant plus manifeste dans le public, que l’actualité malienne est marquée par une crise sans précédent, le pouvoir malien étant actuellement en guerre contre une rébellion touareg en lutte pour l’indépendance de l’Azawad, une grande partie du territoire malien.

Si, dans le public, on entend régulièrement les cris de « Azawad Libre ! Touaregs au pouvoir ! »  Tinariwen n’en fera pratiquement pas mention, si ce n’est un appel aux dons en faveur des réfugiés maliens. Mais même si sur scène le groupe préfère la musique aux discours politiques, en coulisses, leurs pensées et leurs inquiétudes sont bel et bien dirigées vers le peuple malien. Leur soutien ne date d’ailleurs pas d’hier puisque Tinariwen a joué un rôle important lors de la rébellion touareg des années 90 (certains membres y ont même pris les armes). Depuis le retour à la paix, le groupe s’efforce de diffuser à travers le monde l’idée que parfois la musique peut être la plus puissante des armes.

Pour eux, comme pour Solidays, si la musique est un moyen avant d’être une fin, c’est certainement le plus beau des moyens de rassembler, échanger, militer et surtout, de ne jamais baisser les bras.

 

Pour Kénédougou Solidarité, partenaire de Solidarité Sida au Mali, la situation du pays est très préoccupante. La crise dans le nord du pays oblige les habitants à fuir, y compris les personnes vivant avec le VIH. Ces déplacements de population ont des conséquences graves et favorisent l’augmentation des « perdus de vue », les malades ne se présentant plus aux rendez-vous de suivis médicaux et ayant très probablement mis fin à leur traitement. Si pour l’instant, Kénédougou Solidarité est peu touchée, car située au sud du pays, la situation peut basculer d’un moment à l’autre. Solidarité Sida reste donc vigilante.

 

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1 commentaire pour cet article


Merci pour le lien vers Slate Afrique!
Stéphanie



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